En tant qu’étudiants à l’EHESS, nous sommes profondément stupéfiés par l’article de MM. Prazan et Tarnero. Qu’a donc fait l’EHESS aux auteurs ? L’EHESS est une école d’études supérieures qui dispense un enseignement pluridisciplinaire. Les enseignants qui la composent sont, pour la plupart, des spécialistes reconnus en France, et à l’étranger. Réduire l’école à une officine d’extrême gauche est non seulement erroné, mais parfaitement ridicule. Par delà, cela traduit un mépris non dissimulé pour l’école elle-même. Mais, plus que du mépris, l’article témoigne d’une méconnaissance assez considérable de ce qu’est la sociologie. La sociologie n’a pas pour but de juger, de condamner, ou encore moins de minorer ce qu’elle étudie. Ce n’est pas son rôle. De même, croire qu’elle préfère des milieux sociaux à d’autres, démontre une singulière ignorance de son champ d’action. La sociologie, mais comme la plupart des sciences humaines, ne fonde pas sa légitimité sur la valeur qu’on doit accorder à telle ou telle représentation, ou illustration du champ social. En ce sens, il n’y a pas de Sociologie officielle. Et cela vaut mieux.
A quoi servent les sociologues en 2006 ? demandent les auteurs. Ils servent au moins à décrire la réalité telle qu’elle est. A révéler la vraie nature d’un lieu d’enseignement tel que l’EHESS ; qui n’est autre qu’un temple gauchiste. Quoique la distinction entre gauchiste et bobo ne soit pas très claire. Si les chercheurs et les étudiants sont toujours prêt à étudier tout « mouvement social pourvu qu’il soit contre », cela veut dire qu’ils sont davantage « gauchistes » que « bobo ». En effet, bobo signifie, dans l’usage courant, « bourgeois bohème ». Tandis que ceux qui étudient, et approuvent en quelque sorte, tout mouvement social pourvu qu’il soit « contre » sont, d’après les auteurs, assurément des gauchistes. Cela veut donc dire qu’étudier, éventuellement, un mouvement social qui s’oppose au gouvernement, par exemple, c’est se mettre dans une posture de « gauchiste », donc dans une position d’excès, une position idéologique. Bref, il vaut mieux ne pas étudier les mouvements sociaux ; le risque est en efffet trop fort de passer pour un extrémiste arriéré. Hereusement, MM. Prazan et Tarnero nous indiquent les sujets de recherches qui ne risquent pas de nous faire passer pour des extrémistes.
Ce n’est pas sur le capitalisme (tout va bien), ni sur la politique du gouvernement (remarquable), ni sur les « canettes de bière », les « graffitis », et encore moins sur la « gauche de gauche ». Les auteurs, dans leur sagesse, nous montrent la voie. Il faut travailler sur les sujets suivants : « la peur du monde qui vient ». « La confusion des âmes ». « La disparition des héritages culturels, des valeurs morales, de l'orthographe et des traditions ». « L 'islamisme, menace pour la démocratie ». « La violence et la barbarie avec son cortège de sexisme et d'intolérances en tout genre se développaient de manière inquiétante dans certaines populations de certaines banlieues ». « Le fanatisme et l'obscurantiste ». « Le communautarisme ». « Les tournantes dans des caves ». « L’islamisme pas toujours sympathique ». « L’homophobie et l’antisémitisme ». « Les banlieues ». Afin d’affiner dès maintenant nos outils de recherche, nous aimerions connaître la différence entre les deux islamismes mentionnés plus haut, et de même que nous sommes impatients de savoir ce que recouvre ces « certaines populations de certaines banlieues ».
A lire cette liste, impressionnante par son acuité, se dessine un portrait. Le portrait de quelqu’un qui est Français mais qui ne l’est toujours pas pour la Société Française. Ce portrait, c’est celui du Beur. Oui, ce fils d’Arabe (enfin, de Maghrébin), qui a bien fini par être Français, puisque né sur le territoire. Mais qui n’est pas vraiment Français. Puisqu’il ne veut pas l’être. Il n’aime pas la République. La République qui l’aime tellement, qui lui a donné et donne encore tellement d’amour. Qui lui montre, en le contrôlant si régulièrement, qu’elle pense beaucoup à lui.
Finalement, Le Pen l’a toujours dit. C’est la faute des Arabes.
Grâces soient rendues à MM. Prazan et Tarnero pour leur contribution à la vérité.
Ps :nous avons cherché en vain des références d’ouvrage de sociologie de M. Tarnero, nous n’en n’avons pas trouvé.
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